Les cancers des enfants au coeur de la Biennale de Cancérologie

Pour la première fois, la Biennale Monégasque de Cancérologie affrontera la thématique des cancers pédiatriques, avec la session du jeudi 1er février, de 15h10 à 16h10 sur «  Les médulloblastomes pédiatriques (cancers du cerveau chez les enfants) ; comment la recherche pourrait – elle faire évoluer les traitements », présidée par Denis Maccario (Fondation Flavien) et Gilles Pagès (Centre Scientifique de Monaco)

Chaque année, selon l’Institut National du Cancer, environ 2 550 nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués chez les enfants (1 750) et les adolescents (800). Bien que rares, ces cancers constituent la quatrième cause de mortalité entre 0 et 15 ans.
La survie des enfants et adolescents atteints de ces cancers s’est améliorée de manière très significative ces dernières décennies et dépasse aujourd’hui les 80%.

Les cancers les plus fréquents

Chez les enfants de moins de 15 ans, les principales localisations sont :

  • les leucémies (29% des cas dont 80% de leucémies aiguës lymphoblastiques) ;
  • les tumeurs du système nerveux central (SNC) (24%) ;
  • et les lymphomes (11%).

Chez les garçons, on note une prépondérance des lymphomes (lymphomes de Burkitt), des médulloblastomes, des sarcomes des tissus mous et des tumeurs osseuses. Chez les filles, les tumeurs germinales et épithéliales (mélanomes, carcinomes thyroïdiens) sont plus fréquentes.

La moitié des cancers de l’enfant survient avant l’âge de 5 ans. Avant 1 an, les tumeurs du système nerveux sympathique sont les plus fréquentes, suivies par les tumeurs du système nerveux central et les leucémies. Entre 1 et 5 ans, les leucémies prédominent avec les tumeurs du système nerveux central. Après 5 ans, les leucémies, les tumeurs du système nerveux central et les lymphomes représentent les cancers les plus diagnostiqués.

Les types histologiques des cancers survenant dans l’adolescence (15-19 ans) diffèrent de ceux qui se développent chez l’enfant.

Chez l’adolescent, les cancers les plus fréquents sont :

  • les lymphomes hodgkiniens (22%) ;
  • les leucémies aiguës (12%) ;
  • les cancers de la thyroïde (9%) ;
  • les tumeurs germinales gonadiques (9%) ;
  • les tumeurs du SNC (8%) ;
  • les tumeurs osseuses (8%) ;
  • les lymphomes malins non hodgkiniens (7%).

Survie

Chez les enfants, la survie globale  sur la période 2000-2011 est estimée à 92% à 1 an et à 82% à 5 ans, tous types de cancers et tous âges confondus. La probabilité de survie à 5 ans varie selon le groupe diagnostique, de 72-73% pour les tumeurs du SNC et les sarcomes des tissus mous à 99% pour les rétinoblastomes. Elle varie également selon le type histologique à l’intérieur même d’un groupe diagnostique. Depuis 2000, on note une augmentation significative de la survie à 5 ans pour l’ensemble des cancers (de 80% en début de période à 83% en fin de période), et en particulier pour les tumeurs du SNC (de 70% à 75%). Pour les autres groupes de cancers, la survie est restée stable sur la période 2000-2011.

Chez les adolescents, la survie étudiée sur des cas diagnostiqués de 2000 à 2004 est estimée à 94,5% à un an et 81,8% à 5 ans, ce qui s’explique par la forte proportion de tumeurs de pronostic favorable dépassant les 90% de survie à 5 ans : carcinomes de la thyroïde, lymphomes hodgkiniens, tumeurs germinales, mélanomes malins. Ces tumeurs prédominant chez les filles, la survie tout cancer est meilleure pour elles que pour les garçons (85,2% versus 78,8%). Les tumeurs de plus mauvais pronostic sont les leucémies aiguës, les tumeurs osseuses et les tumeurs du SNC, avec une survie à 5 ans inférieure à celle estimée chez l’enfant plus jeune. On observe néanmoins une amélioration progressive de la survie à 5 ans depuis 25 ans, qui est passée de 62% pour la période 1978-1982 à 82% pour la période 2000-2004.