Les chauffards monégasques dans le viseur de la justice française

Les conducteurs monégasques vont devoir lever le pied sur les routes françaises. Le procureur de la République de Rennes veut en effet mettre fin à « l’impunité » dont certains chauffards de la Principauté, responsables parfois de « très grands excès de vitesse », bénéficient sur le territoire français. « Je ne peux pas accepter que des conducteurs qui mettent en danger la vie des citoyens sur le territoire national puissent bénéficier d’une totale impunité », a déclaré Nicolas Jacquet, procureur de la République de Rennes, où est basé le Centre National de traitement des infractions routières (CNT).

Contrairement à ce qui est prévu avec 14 pays de l’Union européenne, la France n’a pas avec Monaco de texte lui permettant l’accès aux informations des cartes grises des véhicules en infraction flashés par les radars automatiques. « La solution passe par une convention bilatérale » entre la France et Monaco, souligne Nicolas Jacquet.

Des chauffards multirécidivistes mais jamais inquiétés

En arrivant dans la capitale bretonne en 2016, le procureur avait transmis une liste de 206 immatriculations à son homologue de Monaco. Parmi elles, 97 comportaient au moins 50 infractions routières et 109 au moins 10 infractions dont un de grand excès de vitesse. Le magistrat monégasque avait alors donné des instructions pour identifier les propriétaires et faire un rappel à la loi tout en soulignant qu’il ne pouvait pas engager des poursuites.

En 2017, Nicolas Jacquet lui avait adressé une nouvelle liste de 231 véhicules, dont 37 figuraient déjà dans la liste de 2016. Cette fois, « ils ont été convoqués à la sécurité publique de Monaco pour être entendus et les auditions ont été transmises au parquet de Rennes ». « Le CNT va désormais pouvoir adresser des avis de contraventions et transmettre ces dossiers aux officiers du ministère public territorialement compétents », conclut le procureur de la République de Rennes.

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