Contes cruels de la jeunesse : tout l’art d’Oshima

Nouvelle édition des Mardis du Cinéma, proposée ce soir par les Archives Audiovisuelles de la Principauté

CONTES CRUELS DE LA JEUNESSE

Nagisa Ôshima
Seishun zankoku monogatari • Japon, 1960, couleurs, 96 min.

Réalisation et scénario : Nagisa Ôshima. Image : Takashi Kawamata. Son : Shujuro Kurita. Musique : Riichiro Manabe. Décors : Koji Uno. Costumes : Hanae Mori. Montage : Keiichi Uraoka. Production : Shochiku Company. Avec : Yûsuke Kawazu (Kiyoshi Fujii), Miyuki Kuwano (Makoto Shinjo), Yoshiko Kuga (Yuki, la sœur aînée de Makoto), Jun Hamamura (Masahiro, le père de Makoto), Fumio Watanabe (Akimoto, le médecin), Shinji Tanaka (Yoshimi Ito, un étudiant), Aki Morishima (Yoko Ishikawa), Kei Satô (Akira Matsuki, le truand), Kan Nihonyanagi (Keizo Horio), Shinko Ujiie (Masae Sakaguchi).

L’HISTOIRE

Makoto, une adolescente un peu perdue, à la recherche d’expériences nouvelles et de sensations fortes, accepte d’aller faire des ‘‘petits tours’’ en voiture avec des inconnus. Une nuit, elle est agressée par l’un d’eux et ne doit son salut qu’à l’intervention de Kiyoshi, un jeune étudiant, petit délinquant à ses heures. Elle décide de quitter sa famille pour aller vivre avec lui. Les deux jeunes gens imaginent un plan pour extorquer de l’argent aux automobilistes qui prennent Makoto à bord de leur véhicule.

CRITIQUE

Tout le film repose sur ce principe que l’esprit de l’époque est là, très présent, mais décentré, Oshima préférant radicaliser son propos en axant le film sur deux personnages plus marginaux, sans doute plus révoltés encore que la masse des étudiants, dont ils seraient comme l’exemple limite : des rebelles, oui, mais sans cause. C’est par cette option que le film est à la fois un document sur le Japon de 1960, et, plus largement, une œuvre moins ancrée historiquement, plus universelle, parcourue par un pessimisme profond et un sens du tragique qui excèdent le seul cadre d’une époque.

Alain Philippon in Cahiers du cinéma n° 381, mars 1986.

En première partie : l’instantané ‘‘Monaco en films’’ et un court métrage.

Peripheria de David Coquard-Dassault [France • 2015 • Couleurs • 12 min.]

Un voyage en images animées dans une banlieue hérissée de bâtiments désertés et délabrés.