[Polémique] Monaco compte sur Huawei pour la Smart City

Dans un communiqué officiel, le Gouvernement annonce la poursuite du « partenariat de longue date » alors que, quelques semaines plus tôt, les services secrets américains déconseillaient la marque chinoise… Polémique !

Réunion de travail avec Monaco Telecom et Huawei

Une délégation de Huawei, partenaire de Monaco Telecom, menée par Vincent Pang, CEO Europe, est en Principauté pour travailler à des collaborations futures, en particulier dans le cadre du développement de la Smart City.

L’opérateur monégasque et le fournisseur de solutions numériques en terminaux, réseaux et cloud, pour les opérateurs, entreprises et consommateurs, travaillent ensemble depuis 2013. Grâce à ce partenariat de longue date, Monaco Telecom a notamment développé le réseau mobile 4G permettant d’ouvrir à Monaco, en avril 2017, le premier réseau commercial mobile au monde offrant jusqu’à 1 Gigabit/s. Les développements menés pour améliorer la couverture en Principauté ont ainsi permis de placer, en janvier de cette année, Monaco Telecom en tête du classement de 290 opérateurs mondiaux selon 4GMARK (outil de mesure ultra précis qui propose un benchmark complet de la qualité de service de connexion sur smartphones).

(source : Direction de la Communication)

VS.

CIA, FBI et NSA suspectent Huawei d’être un espion à la solde de Pékin

Devant une commission du sénat, les représentants des services de renseignements américains ont déconseillé l’utilisation de smartphones Huawei aux États-Unis. Un élu républicain propose même d’en interdire l’usage aux fonctionnaires.

Peu à peu, les autorités américains tentent de fermer les portes du marché américains à Huawei. Après l’annonce de AT&T et Verizon de ne pas distribuer les smartphones de la marque chinoise, c’est au tour des agences fédérales de renseignement -CIA, FBI et NSA- de tenter de dissuader les Américains d’en acheter. Selon eux, la sécurité nationale est en jeu. Comme le révèle The Verge, cette mise en garde officielle a été faite à l’occasion d’une audition au Sénat. Les propos tenus par ces experts du enseignements étaient si durs que le sénateur républicain Richard Burr, président du Comité sénatorial des renseignements, a carrément proposé de faire voter une loi pour interdire aux fonctionnaires de s’équiper des smartphone de Huawei et ZTE.

Chris Wray, directeur du FBI, a expliqué ses craintes aux sénateurs. Il suspecte que ces fabricants utilisent l’infrastructure télécoms des États-Unis pour fournir « à des gouvernements étrangers qui ne partagent pas les valeurs américaines […] » des capacités d’espionnage indétectables.

Il ne dit pas si ses services ont détecté la présence d’un malware dans les smartphones qui permettraient d’espionner les utilisateurs depuis Pékin. Mais si un tel procédé avait été repéré, les agents américains ne se seraient pas contentés de déconseiller l’usage des smarphones chinois. Ils auraient été interdits sur l’ensemble du territoire américain, ainsi dans la plupart des pays où Huawei les commercialise.

Le CV du fondateur de Huawei inquiète les Américains

Ce n’est pas la première fois que Huawei est suspecté d »espionnage par les Américains. En 2014, les États-Unis lui ont déjà interdit de vendre ses antennes relais aux opérateurs prétextant une trop forte proximité avec le gouvernement chinois.

Cette défiance s’appuie sur le passé de Ren Zhengfei, fondateur de Huawei. Cet ingénieur en génie civile a été d’abord officier technicien puis délégué de l’Armée Populaire de Libération (APL) où il a travaillé dans une unité technologique. Il a quitté l’armée en 1982 pour créer une entreprise de câblage téléphonique, puis Huawei en 1988. C’est ce curriculum vitae qui inquiète le renseignement américain.

Huawei a rapidement réagi aux déclarations des responsables de la sécurité américaine. Un porte-parole du groupe a déclaré à CNBC que selon lui, le gouvernement américain cherche surtout à lui fermer de son marché. Il a rappelé que les technologies de l’entreprise sont installées dans 170 pays et qu’il ne « présente aucun risque de cybersécurité » pour aucun de ces États. ZTE a publié un communiqué dans lequel il « s’engage à respecter toutes les lois et réglementations applicables des États-Unis, à passer des tests rigoureux et respecter les normes de sécurité les plus élevées ».

La Chine dénonce le protectionnisme américain

L’affaire s’ajoute à d’autres différents commerciaux avec les États-Unis (sidérurgie, panneaux solaires…) et frise désormais la crise diplomatique entre les deux pays. Comme le rapporte l’AFP, un porte-parole du gouvernement s’était dit « très préoccupé » par « l’inflation grandissante des enquêtes américaines », appelant les États-Unis à « ne pas abuser trop fréquemment de ces procédures », lesquelles « ne doivent pas être utilisées à des fins protectionnistes ».

S’agirait-il de protéger Apple sur le sol américain qui est talonnée par Huawei dans la vente de smartphones en prenant la troisième place mondiale en 2017? Selon le cabinet CounterPoint, le géant chinois pourrait prendre la seconde place en entrant sur les marchés indien et nord-américain avec son nouveau modèle, le Mate 10 dont les performances sont, aux dires des spécialistes, équivalentes à celles de l’iPhone X. La théorie semble peu plausible au vu des risques commerciaux qu’elle ferait courir à Apple en Chine. Mais en attendant, tout est fait pour que Huawei ne distribue pas facilement son smartphone aux États-Unis.

Source : bfmtv.com