Le Ruisseau, le Pré vert et le Doux Visage pour clore les RIMM

Dans le cadre des IXe Rencontres internationales Monaco et la Méditerranée, qui ont pour thème‘‘Artistes et intellectuels en Méditerranée, leurs places, leurs rôles, leurs défis’’, le cinéma s’invite à la table des discussions.

Yousry Nasrallah (2016)
Al Ma’ wal kodra wal wajh al hassan. Égypte, 2016, couleurs, 115 min.

Réalisation : Yousry Nasrallah. Scénario : Yousry Nasrallah, Ahmad Abdallah, sur une idée de Bassem Samra. Image : Samir Bahsan. Son : Ibrahim Dessouky. Montage : Mona Rabi. Décors : Yasser Al Husseiny. Costumes : Ghada Wafik. Musique originale : Wael Alaa. Direction artistique : Hamdy Abdelrahman. Production : El Sobky pour Cinéma Production. Avec : Laila Eloui (Shadia), Menna Shalaby (Karima), Bassem Samra (Raafat), Ahmad Daoud (Galal), Alaa Zenhom (Yehya), Sabrine (Om Rouayya), Zeina Mansour (Hosneyya), Mohamed Sharnouby (Ashour), Mohamed Farrag (Farid).
L’HISTOIRE

Yehia est chef cuisinier. Avec son fils Refaat, passionné de recettes et de saveurs, et son cadet Galal, coureur de jupons, ils préparent des banquets pour des cérémonies de fête. Lors d’un mariage paysan orchestré par Yehia et ses fils, au cours duquel se dévoileront des amours secrètes, un homme d’affaires de la région et sa riche épouse proposent de racheter leur commerce. Devant le refus de Yehia la proposition tourne à la menace.
CRITIQUE
Nasrallah dit avoir voulu faire un film, en période post-révolutionnaire égyptienne, sur ces trois choses essentielles que sont le pain, la vérité et la liberté. Dans Le Ruisseau, le Pré vert et le Doux Visage, le pain est déguisé en riz à la cannelle et la vérité est travestie en amour. Quant à la liberté, elle est transformée en mise en scène, maîtrise de la cruauté dans le grand jeu du désir. Si le cinéma a bien du mal ces temps-ci à nous redonner confiance dans le monde, disons que, par moments, le monde (qui ne s’est pas fait en trois ans) peut nous redonner confiance dans le cinéma. Ce dernier n’est, comme tout spectacle, rien d’autre qu’un pari sur le spectateur : où c’est toujours l’idiot du village qui a raison face au cuisinier, les cuisiniers qui ont raison face au maître, et l’amour qui a le dernier mot sur la catastrophe.

Luc Chessel in Libération du 21 décembre 2016