Ballets de Monte-Carlo : le Figaro a vu « Abstract Life » [Video]

Avec une nouvelle composition de Bruno Mantovani et une chorégraphie de Jean-Christophe Maillot, les ballets offrent 48 minutes de très belle danse.

Comme toujours avant les spectacles, dans le public les discussions vont bon train, tandis que dans la fosse, l’orchestre cherche son «la». Puis celui-ci fit silence, le public aussi, le Prince Albert arriva et le spectacle commença avec le Violin Concerto de Balanchine sur une musique de Stravinsky. Ballet très esthétique, comme tous les Balanchine, et ici remarquablement bien dansé.

Après l’entracte, place à la création mondiale Abstract Life. Marc Monnet, le directeur du Printemps des Arts, eut l’idée de commander au compositeur contemporain Bruno Mantovani une œuvre destinée à être chorégraphiée. Jean-Christophe Maillot s’est attelé à la tâche, et il fallait son métier et son expérience pour réussir à mettre en «danse» cette musique à la dissonance tempérée mais souvent abrupte. Si Tchaïkovski, qui a composé parmi les plus belles partitions de ballet acceptait en son temps de modifier ses partitions pour les besoins de la scène, en modulant par exemple ses tempo, Mantovani demeure, lui, inflexible à ce sujet. Sa partition, il y tient, doit rester coûte que coûte en l’état.

Et pourtant, quelques changements auraient profité à la danse et à la dramaturgie, surtout aux derniers instants du ballet. Pour Jean-Christophe Maillot, travailler sur une musique qu’il n’a pas commandée lui-même était une première. Pour Abstract/Life, il a puisé dans son répertoire des extraits ici et là, à la manière des compositeurs baroques en leur temps, et le résultat est bluffant. Les costumes et la scénographie ont été confiés à Aimée Moreni, une jeune artiste de tout juste 25 ans qui a créé des pièces hallucinantes, sorte de justaucorps couleur terre qui magnifient le corps des danseurs et leur donnent un côté extraterrestre. 48 minutes de danse, superbement interprétée.

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