Le pari aérien (et monégasque) de SkyDeals

La startup, née à Paris, qui a développé une solution d’inflight shoppertainment, intègre Monacotech, l’incubateur basé à Monaco. Une étape dans le développement de l’entreprise qui accompagne sa stratégie.

Dans quelques années l’achat de produits de marque à bord des avions, via une marketplace, sera sans aucun doute démocratisé. Mais pour l’heure, l’exercice relève encore de l’innovation, et c’est exactement celle portée par Skydeals.

Créée par Julien Sivan en janvier 2017, la jeune entreprise est partie du principe – et du potentiel – que représentent les 8 millions de passagers qui empruntent chaque jour un vol aérien. « Et cette population vit une révolution grâce à la connectivité à bord », précise le fondateur de la startup. Une révolution certes, mais qui en est à ses prémices. Si les pays américains et asiatiques sont en bonne place pour offrir le wifi à bord, l’Europe est en revanche, plus en retard. Ce qui est à la fois un handicap et une opportunité pour Skydeals.

Phase de POC

Un handicap car lorsqu’on porte une innovation, le but est que celle-ci soit rapidement adoptée. Une opportunité, car cette « lenteur » permet à la jeune entreprise de roder sa solution.

C’est d’ailleurs ce qui va être fait dès le mois d’octobre prochain, des POC étant prévus pour être déployés au sein de 3 compagnies aériennes, françaises et asiatiques, durant 6 mois, à la fois sur du long et du court courrier.

Déjà, une première expérimentation avait été menée avec French Bee, permettant de « tester la plateforme technique et de prendre en compte des évolutions sur la partie UX », rappelle Julien Sivan.

Skydeals c’est donc « une place de marché qui propose en live des offres de dernière minute aux passagers à bord qui sont connectés », détaille le président de la jeune société. Ainsi pour une marque de mode, Skydeals déclenche une vente privée. Et propose aux passagers des activités ou des produits en lien avec la ville ou la région où ils se rendent : un whisky en Ecosse, un cours de plongée sur la Côte d’Azur… Il est également possible d’effectuer des achats groupés, puisque lors de la pré-commande d’achat, le passager peut voir si d’autres précommandes sont en cours. « Cela peut créer des liens sociaux à bord », suggère Julien Sivan.

Expérience(s) client(s)

Mais l’intérêt est (aussi) ailleurs. « Jusqu’à présent le passager était confiné dans un endroit clos, un peu propriétaire de la compagnie. Mais avec le wifi à bord, le passager est dans un environnement ouvert. Les compagnies vont désormais devoir batailler avec les géants de la vente. Le consommateur recherche de l’expérience et des deals. L’expérience passe par le divertissement. Pourquoi ne pas divertir grâce au shopping ? C’est ce que nous apportons aux passagers. Aux compagnies aériennes, nous apportons de nouveaux revenus », explique Julien Sivan.

Totalement gratuite, à partir du moment où le wifi est disponible à bord, la plateforme fonctionne via duty paid, « plus intéressante que le duty free », affirme Julien Sivan.

Mais Skydeals ne fait pas que promettre des achats en vente privée. « Nous aimerions vendre des early birds pour les prochaines vacances. L’un des comportements les plus fréquents est de réserver ses prochaines vacances au retour des vacances », s’enthousiasme Julien Sivan.

Monaco, terre de développement

L’installation de Skydeals à Monaco n’est pas si surprenante dans la stratégie de développement. Et c’est tout l’aspect international de la Principauté qui suscite l’intérêt de la startup. Mais pas seulement. La proximité de l’aéroport de Nice est également une raison essentielle de cette installation sudiste. « Pour les relations avec le monde de l’aérien, nous sommes bien à Monaco. Et l’aéroport Nice Côte d’Azur est un aéroport accessible, stratégique en terme de logistique. De plus la proximité d’Amadeus à Sophia-Antipolis permet d’avoir accès en terme de recrutement à des ingénieurs qui connaissent la data de l’aérien ». Reste à Skydeals de compter sur un développement plus rapide du wifi à bord en Europe. « Aujourd’hui, 48 % des vols sont connectés à Internet », ajoute Julien Sivan. Dont l’objectif est de toucher 5 % du trafic mondial à 5 ans, soit 4 milliards de passagers par an. « Nous devons être les plus rapides », reconnaît Julien Sivan.

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