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5G, cloud souverain, blockchain… Et si Monaco devenait le pays le plus digitalisé au monde ?

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Autour d’Albert II, Luc Jacquet, Frédéric Genta, Cédric Biscay et Thomas Battaglione ont illustré les enjeux du numérique.

« Agréger le meilleur des services numériques pour s’affranchir des limites du territoire. » Tel est l’objectif du programme Extended Monaco, lancé en grande pompe par le Rocher mardi 30 avril 2019. 5G, cloud souverain ou encore smart city : la principauté a fait le choix de ne pas se focaliser sur une seule technologie pour conforter son rang dans la course pour devenir l’Etat le plus digitalisé au monde.

Une Couverture 5G nationale à l’été

Dans son discours d’introduction, le prince Albert II a estimé que « si la taille de Monaco avait été un handicap dans les révolutions industrielles précédentes, elle offre aujourd’hui une capacité de réaction unique ». D’une superficie de 2 km², le territoire de la ville-Etat peut en effet être couvert en un rien de temps. Le déploiement de la fibre optique prendra fin d’ici à 2022, d’après le calendrier du programme. Sans attendre, dès cet été, le pays devrait devenir le premier au monde à posséder un réseau 5G national grâce aux infrastructures du géant chinois des télécoms Huawei. « Il s’agit d’un partenaire historique, avec qui Monaco Telecom collabore depuis près de dix ans et à qui nous renouvelons notre confiance, indique à L’Usine Digitale Frédéric Genta, délégué interministériel chargé de la transition numérique de la principauté. Ce réseau nous permettra de développer une série de services dernier cri, tels que des navettes autonomes pour desservir des quartiers dans lesquels peu de bus passent. »

Cette nouvelle technologie devrait également favoriser l’émergence de la smart city. « Dès décembre 2019, un jumeau numérique entrera en application. Une modélisation 3D du territoire permettra d’anticiper les projets en identifiant les nuisances potentielles, et représentera un levier important dans la cadre de la réduction de la consommation énergétique », explique Thomas Battaglione, administrateur directeur-général de la Société monégasque de l’électricité et du gaz (Smeg). Une plateforme de prise de rendez-vous médicaux sera lancée par le gouvernement d’ici à la fin 2019. Une nouvelle étape de la dématérialisation, qui précède l’instauration de guichets numériques en 2021.

Accompagner jusqu’à 10 ico par an

Le lancement d’Extended Monaco a été celui d’une autre première européenne. La principauté a dévoilé son ambition d’accompagner chaque année une dizaine d’Initial Coin Offering (ICO), des levées de fonds qui fonctionnent grâce à la blockchain et aux cryptomonnaies. De quoi créer, selon Frédéric Genta, « quelque 150 emplois sur le Rocher tous les ans ». Visés par l’Etat monégasque, les projets directement sélectionnés par le ministre d’Etat Serge Telle devraient pouvoir apporter des garanties aux investisseurs quant à la provenance et à l’usage des sommes collectées. Au travers d’un investissement public compris entre un et cinq millions d’euros, le réalisateur Luc Jacquet est le premier bénéficiaire d’une ICO monégasque. Le cinéaste estime que le dispositif lui permettra de « retrouver de l’indépendance dans la création, à l’heure où l’industrie est malmenée par certains acteurs émergents ». Sa société Icebreaker s’installera à Monaco, avec sa cinquantaine de salariés.

Doté d’un budget annuel d’environ 35 millions d’euros, Extended Monaco permettra à terme de former les 7 000 élèves monégasques à la programmation informatique de la maternelle au lycée. « Le programme fera de la cybersécurité une priorité absolue », affirme par ailleurs Frédéric Genta. En position d’état-providence, la principauté entend protéger les données personnelles de ses 40 000 habitants. « C’est pour garantir un cloud véritablement souverain que nous installons un data center sur notre territoire », souligne le délégué interministériel. Le gouvernement princier a aussi conclu un accord avec le Luxembourg dans le but d’en installer un autre dans le grand-duché. Cette « e-ambassade » bénéficiera d’un statut d’extraterritorialité, régie par la Convention de Vienne. Une « deuxième mondiale » : l’Estonie avait devancé le Rocher, après l’ouverture de ses propres installations en 2017.

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