L’enfant au centre de la Matinée de Traumatologie de l’IM2S
Social-santé

L’enfant au centre de la Matinée de Traumatologie de l’IM2S

Le service des urgences traumatologiques et les chirurgiens orthopédistes de l’IM2S ont tenu une conférence illustrant les lésions traumatiques couramment prises en charge, et l’intérêt de cette prise en charge dans une clinique dédiée aux pathologies ostéo-articulaires.

Le Dr. Edouard Chau, spécialisé dans la chirurgie orthopédique pédiatrique et de la scoliose est plus particulièrement intervenu au sujet de la traumatologie de l’enfant.

Qu’est-ce que la traumatologie de l’enfant ?

Les enfants peuvent être victimes de différents traumatismes :

Le plus souvent, quand on parle de traumatisme, on pense aux contusions (chocs violents) et aux fractures.
Mais la traumatologie de l’enfant inclut également les plaies (coupûres, dermabrasions), les brûlures, les écrasements, les entorses, la pénétration de corps étrangers, les luxations (qui sont rares chez les enfants), les amputations et la microtraumatologie sportive.

La traumatologie de l’enfant doit être séparée de celle de l’adulte pour les raisons suivantes :

les traumatismes atteignent un squelette qui grandit et notamment les cartilages de croissance, ce qui peut compliquer gravement l’évolution des fractures,
les traitements sont souvent différents de ceux des adultes et laissent une grande place aux techniques orthopédiques, c’est-à-dire sans mettre en place de matériel dans l’os (toujours avec le souci de ne pas ajouter au traumatisme une lésion iatrogène).

Généralités sur les fractures

Il existe donc des règles générales aux traitements des fractures de l’enfant :

  • Un enfant n’est pas un petit adulte.
  • Le traitement d’une fracture n’obéit pas aux mêmes principes : les pseudarthroses sont exceptionnelles, les délais de consolidation sont souvent plus courts.
  • Le «remodelage» des cals autorise une réduction imparfaite.

Le traitement orthopédique

Le traitement orthopédique doit être prioritaire. Mais celui-ci est parfois difficile à réaliser, nécessitant une surveillance régulière, justifiant parfois une hospitalisation prolongée. Ce n’est sûrement pas le «parent pauvre» de la chirurgie.

La chirurgie

La chirurgie peut entraîner des effets nocifs (allongements).
Elle est indiquée dans quelques cas précis nécessitant une réduction parfaite (fractures épiphysaires ou lésions du cartilage de croissance).
Elle utilisera des moyens de synthèse légers, peu agressifs, d’autant qu’elle ne dispense habituellement pas d’une contention plâtrée (broches ou vis).

L’os de l’enfant est plus poreux, plus hydraté et moins minéralisé que l’os de l’adulte.

Selon les âges, les propriétés mécaniques sont différentes. De plus, les cartilages de croissance (croissance en longueur) et le périoste qui est très résistant (croissance en épaisseur) donnent aux os des enfants des propriétés spécifiques.
Ainsi, l’os de l’enfant est plus plastique que celui de l’adulte et absorbe plus d’énergie.
Le périoste est très résistant à la traction, mais beaucoup moins aux forces de cisaillement.
Le cartilage de croissance est peu résistant.

La consolidation de l’enfant passe surtout par la formation d’un cal périosté (autour de l’os).
Après la phase de consolidation, la phase de remodelage aura tendance à redonner à l’os fracturé son aspect d’avant la fracture. Cette phase dure plusieurs années et sera d’autant plus efficace que la fracture est proche d’un cartilage de croissance, qu’il existe plus de 2 ans de croissance résiduelle, que la déformation est de moins de 30° et qu’elle est proche du plan de travail de l’articulation voisine.

Source

4 décembre 2019

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