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Coppél-i.A. Vu par Le Figaro

Si _Coppélia _est l’un des piliers du répertoire classique, c’est parce que l’histoire de cette poupée qui rend fou amoureux son concepteur est l’allégorie parfaite de notre capacité à nous consumer dans des passions charnelles.

Comme tout danseur et chorégraphe, Jean-Christophe Maillot est fasciné par ce ballet du XIXe qui vit le jour à l’opéra de Paris le 25 mai 1870. Inspiré par une nouvelle d’Hoffmann, il fut mis en musique par Léo Deslibes sur une chorégraphie d’Arthur Saint-Léon. En 1985, Pierre Lacotte avait été nommé à la tête des tout nouveaux Ballets de Monte Carlo avec l’ambition de reprendre à l’identique les grandes œuvres du répertoire.

Aujourd’hui, la troupe n’a plus le même visage et le respect pointilleux des œuvres originales a trouvé ses limites. Lorsqu’il a pris les rennes de la compagnie en 1993, Jean Christophe a pris le contre-pied de cette tradition. Il a décidé de revisiter radicalement les grands classiques.

Poupée à l’intelligence artificielle

Pour Coppél-i.A., il a demandé au compositeur Bertrand Maillot, son frère, de réécrire l’œuvre de Deslibes. La partition livrée, que certains qualifieront à tort de sacrilège, est un modèle d’équilibre entre l’ancienne et la nouvelle partition. Pour des questions de dramaturgie, l’ordre des airs n’a pas été respecté, mais qu’importe! La musique du XIXe se mêle avec beaucoup de naturel à la composition contemporaine. Ici, un piano qui souligne l’intimité, là, une voix qui accentue le mystère, comme si Deslibes avait laissé des espaces dans sa partition pour qu’on la retravaille…

Avec cette trame, le chorégraphe a inventé un nouvel argument: Coppélia, la poupée inanimée – «_presque un accessoire_», explique Jean-Christophe – devient ici un personnage doué d’une intelligence artificielle. Dans le premier tableau, on est saisi par l’atmosphère blanche et monochrome, où se joue l’essentiel du drame. Le ballet formidablement bien dansé transpose avec talent le romantisme si désuet de l’original. Après l’entracte, changement complet d’atmosphère: on entre dans l’atelier de Coppélius où tout est noir. On y retrouve des personnages paroxystiques: Frantz est déstabilisé par son amour, Swanilda est la proie de sa jalousie, et Coppélius ne retire que frustration de sa création.

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Comme si tous étaient devenus l’instrument d’une Coppélia transgressive, cultivée, intelligente, pertinente et désormais tellement dangereuse.

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