Les grandes nacres victimes d’un parasite mortel

Dans le cadre du suivi des espèces marines réalisé par la Direction de l’Environnement, il a été constaté depuis quelques jours un épisode de mortalités anormales touchant les grandes nacres, qui est la conséquence d’une épidémie dont les premiers événements ont été enregistrés dans les populations du sud-est de la péninsule ibérique et dans les îles Baléares fin 2016.
Ces mortalités massives se sont depuis étendues à l’ensemble des côtes espagnoles ainsi qu’à de nombreux endroits en France et en Italie (réserves marines de Banyuls, Corse, Sicile, Sardaigne).
Les populations de nacres de la Principauté sont à leur tour touchées par cette épidémie dont le taux de mortalité peut s’élever à 100% d’une population connue.
Les experts ont confirmé que l’épidémie est causée par une nouvelle espèce de parasite «haplosporidien», qui se trouve dans les glandes digestives des individus infectés (La mort est attribuée au blocage direct de la glande digestive par le parasite. Le bivalve meurt par famine). Les premières observations semblent indiquer que le cycle du parasite est au moins partiellement influencé par la température ; ainsi l’augmentation saisonnière de la température est susceptible de favoriser la propagation.
La Direction de l’Environnement, en contact étroit avec le réseau de scientifiques espagnols et français, a réalisé plusieurs plongées de prospection sur tout le littoral monégasque et a engagé une série d’actions visant à tenter de préserver l’espèce, et notamment des essais de transplantation d’individus en profondeur, le parasite semblant moins actif dans des eaux plus froides.
A cela s’ajoute la nécessité d’une surveillance accrue menée en collaboration avec l’Association Monégasque de la Protection de la Nature et les plongeurs de la Principauté, ces derniers ayant été sensibilisés au développement de l’épidémie dans le cadre d’un atelier organisé par l’Accord RAMOGE en août dernier.
Le Département de l’Equipement, de l’Environnement et de l’Urbanisme s’attache à travailler en étroite collaboration avec l’ensemble des acteurs concernés en Principauté (La Fondation Prince Albert II de Monaco, le Musée Océanographique de Monaco, le Centre Scientifique de Monaco et l’Association Monégasque de la Protection de la Nature) afin que cette problématique soit traitée dans toutes ses dimensions et qu’aucune information, piste d’analyse, ou solution pour remédier à la situation, ne soit oubliée.

Enfin, la Direction de l’Environnement rappelle que la grande nacre demeure une espèce protégée, même lorsque le coquillage est mort, et qu’il est interdit de le prélever.