Polémique : Mauvaise passe pour le partenaire de Monaco Télécom

L’Allemagne et l’Angleterre hésitent face à Huawei, touchée depuis par des soupçons de viol de sanctions US contre l’Iran

En septembre, Monaco Télécom communiquait :

Monaco Télécom parie sur Huawei pour la 5G

Monaco Telecom et la société Huawei ont finalisé un accord aujourd’hui à Pékin, dans le cadre de la visite d’Etat de S.A.S Le Prince Albert II en Chine. Cet accord a été signé par Martin Péronnet Directeur Général de Monaco Telecom et Shi Weiliang, Directeur Général de Huawei France en présence de S.A.S Le Prince Albert II et de Ren Zhengfei, Fondateur de Huawei. Frédéric Genta, Délégué Interministériel en charge de la transition numérique, était également présent pour soutenir cette collaboration qui vise à dessiner le visage du Monaco numérique de demain. La 5G sera un vecteur clé de la croissance de l’économie numérique et du développement de la smart-city. Ce partenariat sera un facilitateur et un accélérateur pour parvenir à offrir la meilleure qualité de vie au monde à Monaco via le numérique. Cette signature s’inscrit dans le cadre du partenariat initié en 2012 entre l’opérateur monégasque et le géant chinois, leader mondial des réseaux fixe et mobile. Ce partenariat avait déjà conduit en 2017 au lancement du premier réseau mobile 4G à 1Gbps. Le déploiement accéléré de la 5G à Monaco fait également suite à la rencontre lors du dernier sommet de Davos entre S.A.S Le Prince Albert II et Guo Ping, Deputy Chairman et Rotating Chairman de Huawei. Il marque la volonté de l’Etat monégasque de se doter, au travers de son opérateur télécom, des technologies de communication les plus performantes. Une première zone pilote sera opérationnelle dès fin septembre lors du Monaco Yacht Show 2018. Le réseau sera entièrement déployé pour accueillir les premiers terminaux commerciaux attendus mi-2019. Photo : Reuters/Aly Song

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1. Certains smartphones de Huawei et Honor désormais bannis de l’application de test de performances 3D Mark.

Après les avoir pris la main dans le sac, l’éditeur de l’application a décidé de bannir certains smartphones chinois du test 3DMark. En effet, afin que leurs smartphones soient mieux mis en avant, certains constructeurs n’hésitent pas à tricher sur les [logiciels de test] des performances de l’appareil. Il y a peu, le site Anandtech expliquait que Huawei et sa filiale Honor avaient fait en sorte de détecter 3DMark (entre autres) afin d’augmenter artificiellement les performances de son [processeur] lors des phases de test. Ce genre de révélation fait évidemment du tort à la marque, notamment auprès de la presse.
Source : 3DMark : Certains smartphones de Huawei et Honor désormais bannis de l’application | Journal du Geek
 

2. L’allemagne réfléchirait à écarter Huawei de son futur réseau 5G

Écarté de certains marchés télécoms aux États-Unis, mis sur la touche pour la 5G australienne : le premier équipementier mondial Huawei pourrait de nouveau être sorti de la course à l’infrastructure 5G allemande. À quelques mois de l’ouverture des enchères, la situation est tendue et des officiels font pression sur le gouvernement, agitant des risques d’espionnage. Au mois d’octobre dernier, Reuters indiquait que Huawei allait ouvrir en Allemagne un laboratoire dédié à la sécurité de l’information afin de gagner la confiance des régulateurs locaux avant de chercher à s’immiscer dans la construction de l’infrastructure 5G du pays. Un laboratoire qui doit ouvrir ces jours-ci à Bonn dans les anciens locaux de Deutsche Telekom, partenaire de Huawei partiellement détenu par l’État. Huawei avait pris cette décision d’investir en Allemagne peu après avoir été écarté de la construction des réseaux 5G américain et australien, les gouvernements de ces deux pays ayant justifié leur décision en exprimant leurs craintes quant à la facilitation d’un éventuel espionnage chinois. Des craintes qui existent également en Allemagne. En effet, toujours selon Reuters, de hauts responsables allemands à la Défense tenteraient une dernière fois de convaincre le gouvernement de ne pas faire confiance à Huawei et d’écarter l’équipementier télécom chinois de la construction du futur réseau 5G du pays, estimant que cela reviendrait à compromettre la sécurité nationale. Un appel d’offres sera lancé par l’Allemagne début 2019 dans cette optique. Souhaitant rester anonyme, l’un de ces officiels a déclaré à Reuters : “Il y a un risque sérieux. Si cela ne tenait qu’à moi, nous ferions ce que les Australiens ont fait”. L’agence rapporte que plusieurs ministres allemands ont été sensibilisés, mais qu’à ce jour rien ne permet d’affirmer que cette entreprise a des chances de réussir. Un report de l’ouverture des enchères pourrait être décidé. Sans équipementier télécom de grande envergure au niveau national, le gouvernement allemand aurait en effet du mal à se faire à l’idée d’écarter un acteur mondial aussi compétent et aguerri que Huawei. Celui-ci est en effet le premier équipementier télécom mondial.

La crainte d’un effet domino

Katharina Droege, législatrice des Verts et co-rédactrice de la motion déposée au Bundestag, a expliqué à Reuters : “Exclure tous les investisseurs d’un pays donné est une mauvaise approche (…) Mais nous devons pouvoir examiner des cas individuels afin de nous assurer que notre infrastructure critique est protégée. Cela pourrait entraîner l’exclusion des entreprises chinoises de la construction de notre infrastructure 5G.” Des craintes qui ne paraissent pas infondées vues sous le jour de la loi sur le renseignement mise en place en Chine en 2017, prévoyant que toute organisation ou tout citoyen chinois devrait “soutenir, coopérer et collaborer dans le cadre d’un effort national pour le renseignement”. Chez Huawei, on rejette évidemment en bloc tout sous-entendu sur ces éventuelles menaces pesant sur la sécurité intérieure allemande. “La cyber-sécurité a toujours été notre priorité et nous avons su montrer par le passé que nous fournissons des produits sûrs pour nos partenaires en Allemagne et partout dans le monde”, indique un porte-parole de l’entreprise. Après avoir été écarté des enchères australiennes sur la 5G, Huawei avait déclaré que le gouvernement du pays avait mal interprété cette fameuse loi sur le renseignement. Citant une nouvelle source anonyme, Reuters indique que ce rejet a généré de l’anxiété chez Huawei, craignant d’être écarté par effet domino de beaucoup d’appels d’offres sur ce motif. Dès lors, des visites de ses installations à Shenzen ont été organisées, accueillant dans un effort de lobbying de nombreux élus allemands. Évidemment, une telle décision tendrait inévitablement les relations sino-germaniques, alors que Duisbourg en Rhénanie-du-Nord-Westphalie est un port très important pour de nombreuses entreprises chinoises qui exportent eN Europe. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Huawei est le partenaire principal de la ville pour son projet Smart City. Beaucoup pensent toutefois que l’exécutif allemand est actuellement trop affaibli pour pouvoir l’assumer. Si Huawei venait à être mis sur la touche, il y a de fortes chances pour que les équipementiers européens Ericsson et Nokia profitent de la situation. La construction du réseau 5G allemand constituerait un marché de 80 milliards d’euros Source

3. Huawei mis à l’écart par BT au Royaume-Uni

L’opérateur remplace certains éléments sensibles de ses réseaux 3G et 4G. Il a exclu Huawei d’une grande partie de ses appels d’offres 5G. La pression monte sur Huawei. BT a confirmé mercredi une information du « Financial Times », selon laquelle l’opérateur britannique expurge les parties sensibles de ses réseaux 3G et 4G de tout équipement fabriqué par le groupe chinois. Et Huawei sera exclu en grande partie de ses appels d’offres pour la 5G.
« En 2016, suite à l’acquisition de EE, nous avons entamé le retrait des équipements Huawei du coeur de nos réseaux 3G et 4G, suivant nos principes d’architecture de réseau en place depuis 2006 », détaille un porte-parole de BT.

Deux ans pour sortir

En clair, depuis plus de dix ans, l’opérateur s’est fixé une ligne rouge : ne pas utiliser le matériel du constructeur chinois dans son coeur de réseau, où sont gérées les informations sensibles sur l’identité et l’activité des clients. Il y a deux ans, BT a mis la main sur l’opérateur mobile EE , une coentreprise de Deutsche Telekom et d’Orange pour 16 milliards d’euros. Celui-ci n’avait pas la même politique de confinement. BT remplace donc peu à peu le matériel Huawei hérité de cette opération. D’ici à deux ans, il aura terminé. Exclu du coeur 5G En sus de cette coûteuse substitution, BT confirme bannir Huawei de son futur coeur de réseau 5G. « Nous appliquons les mêmes principes à nos appels d’offres actuels pour l’infrastructure coeur 5G. De ce fait, Huawei n’a pas été inclus dans notre sélection de fournisseurs pour le coeur 5G », explique un porte-parole de BT, en précisant aussitôt que « Huawei demeure un fournisseur d’équipement important en dehors du coeur de réseau, et un partenaire apprécié dans l’innovation ». Un porte-parole du groupe explique que Huawei, présent au Royaume-Uni depuis 17 ans, ne compte pas abandonner la partie. « En collaboration avec BT, nous avons déjà mené plusieurset tests 5G réussis sur différents sites à Londres, et nous continuerons à trvailler avec BT à l’ère de la la 5G » Cet échange de politesses ne change rien au fond de l’affaire. Il s’agit d’un revers de mauvais augure pour Huawei. Après avoir été exclu des marchés de la 5G aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande sous des prétextes sécuritaires, le groupe chinois est sous pression en Europe.

Cybersécurité et politique

En Allemagne , où Deutsche Telekom est un gros client, les autorités se posent la question de sa place dans la 5G. En Angleterre, la décision de BT intervient alors que le patron des services de renseignement a officiellement mis en garde cette semaine sur les questions de sécurité que posent les équipements de Huawei.
« A l’avenir, nous espérons que le Royaume-Uni continuera de fournir à Huawei un environnement des affaires équitable », réagit un porte-parole du groupe. «La cyber sécurité ne devrait pas être politisée, et les fournisseurs d’équipements ne devraient pas être traités différemment en fonction de leur pays d’origine. Aujourd’hui, la chaîne d’approvisionnement des TIC est hautement mondialisée. Restreindre un fournisseur n’aide en rien l’industrie à identifier plus efficacement et à résoudre les menaces cyber ».

La France hésite face à Huawei

En France , selon plusieurs sources, les autorités se préoccupent sérieusement de la question depuis plus d’un an. Elles s’estiment néanmoins suffisamment protégées par la réglementation en vigueur. Celle-ci impose aux équipements sensibles d’être homologués par l’Anssi (Agence nationale de sécurité des systèmes d’information). Et dans une sorte de gentleman’s agreement, personne n’a déployé de matériel Huawei en région parisienne.

Retards et surcoûts

Reste que pour les opérateurs, l’éviction même partielle de Huawei est une perspective peu réjouissante. « En termes de R & D, ils sont très en avance sur leurs concurrents », assure un expert du secteur. « Se passer de Huawei, c’est accepter un retard et un surcoût considérable dans les déploiements. » Chez Huawei, on fait valoir un argument supplémentaire. « «La 5G est plus sûre que la 4G, a récemment déclaré le président tournant du groupe chinois, Eric Xu. Ce n’est pas simplement une revendication de Huawei. C’est le reflet des efforts collectifs et de l’engagement continus au niveau international visant à créer un environnement de communication sécurisé. […]Le cryptage des réseaux de la 5G générera, stockera et transmettra les clés de manière hautement sécurisée. Les clés ne seront pas détenues par Huawei, qui ne fournit que les équipements d’infrastructure, mais par les gouvernements ou les opérateurs de télécommunications ». Sébastien Dumoulin Source

4. L’arrestation d’une dirigeante de Huawei provoque des tensions entre Pékin et Washington

Meng Wanzhou fait face à une demande d’extradition des Etats-Unis. Selon la presse, Washington la soupçonnerait d’avoir violé des sanctions américaines contre l’Iran. Par Frédéric Lemaître Les autorités canadiennes ont annoncé, mercredi 5 décembre, avoir arrêté Meng Wenzhou, directrice financière du géant des télécoms chinois Huawei, également fille du fondateur du groupe, Ren Zhengfei. L’arrestation a eu lieu le 1er décembre à Vancouver (Canada) à la demande des autorités américaines, qui réclament son extradition. Selon le Globe and Mail, quotidien canadien, qui ne cite pas ses sources, Washington accuse Mme Meng d’avoir « essayé de contourner l’embargo américain contre l’Iran ». Dans un communiqué, Huawei rapporte que Mme Meng fait face à des « accusations non précisées » par la justice de New York et qu’elle était en correspondance entre deux avions à Vancouver. « L’entreprise a reçu très peu d’informations concernant les accusations et n’est au courant d’aucun délit commis par Mme Meng », poursuit-elle. Huawei, qui dit faire confiance aux institutions judiciaires canadiennes et américaines, précise qu’elle « respecte toutes les lois et tous les règlements [des pays] où elle opère, y compris les lois concernant le contrôle des exportations et les sanctions ». Pékin a, en revanche, adopté un ton beaucoup moins diplomatique. « La partie chinoise s’oppose fermement et proteste vigoureusement contre de telles actions qui portent une grave atteinte aux droits humains de la victime », a déclaré l’ambassade de Chine au Canada. Demandant la libération immédiate de Mme Meng, l’ambassadeur, Lu Shaye, a annulé la visite qu’il devait effectuer jeudi, en compagnie de quatre parlementaires chinois, au Parlement à Ottawa.

Un des sujets les plus débattus

Le Wall Street Journal avait révélé, en avril, que le département de la justice américain avait ouvert une enquête pour déterminer si Huawei avait enfreint l’embargo américain contre l’Iran. Fondée par un ancien général de l’armée chinoise, la compagnie est régulièrement accusée par les Occidentaux d’espionner pour le compte de Pékin. Par ailleurs, l’entreprise est en concurrence directe avec les Occidentaux, comme Nokia et Ericsson, pour mettre en place la technologie 5G qui devrait commencer à succéder à l’actuelle 4G dès 2019. Cette technologie sera aussi le support d’innovations telles que la voiture autonome ou la télémédecine. Les Etats-Unis, qui ont déjà réussi à convaincre l’Australie et la Nouvelle-Zélande de ne pas recourir à Huawei, pour des raisons de sécurité nationale, feraient actuellement pression sur les Européens pour qu’ils prennent la même position. La France doit décider de l’attribution des fréquences 5G en 2019. Les déboires de Huawei ne sont pas sans rappeler ceux de ZTE, l’autre grand équipementier chinois de télécommunications qui s’était vu reprocher en début d’année par les Etats-Unis d’avoir fait de « fausses déclarations » concernant l’embargo contre l’Iran. Washington avait imposé de lourdes sanctions contre ZTE, interdisant notamment à cette entreprise d’acheter le moindre composant électronique aux Etats-Unis durant sept ans. Une décision qui met l’entreprise en danger. « Huawei et ZTE sont deux faces d’une même médaille : des entreprises de télécommunications chinoises qui représentent un danger pour la sécurité nationale des Etats-Unis », juge le sénateur démocrate américain Chris Van Hollen, très impliqué dans ce dossier. Sur les réseaux sociaux chinois, l’arrestation de la fille du fondateur de Huawei a très vite été en tête des sujets les plus débattus jeudi matin. Les internautes multiplient les critiques à l’égard du Canada et des Etats-Unis. Huawei est l’une des entreprises dont les Chinois sont les plus fiers. Mardi 27 novembre, recevant quelques journalistes occidentaux, Xu Nanping, le vice-ministre de la science et de la technologie, avait jugé que, en matière technologique, la Chine était loin d’avoir atteint le niveau des Etats-Unis, mais, à deux reprises, il avait cité Huawei comme étant l’une des rares sociétés chinoises en avance, selon lui, sur la technologie américaine « grâce au travail de fous de ses employés », avait-il précisé. Mi-octobre, le New York Times avait écrit que l’iPhone de Donald Trump était espionné par les Russes et les Chinois. Non content de publier un démenti, la porte-parole du ministère des affaires étrangères chinois avait ironisé : « Si Trump a des doutes sur la sécurité de son iPhone, il pourrait envisager de changer pour passer à un Huawei. »
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